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Etude des biopsies du rein : un diagnostic plus précis grâce à une association de techniques

Une nouvelle étape vers un diagnostic plus précis des dysfonctionnements rénaux graves ou sévères vient d’être franchie. Dans une récente étude publiée dans Comptes Rendus Chimie, des scientifiques ont combiné la microscopie électronique à balayage à effet de champ, la fluorescence dans l’UV profond, la spectroscopie Raman et les techniques classique et synchrotron de spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier pour s’intéresser aux biopsies rénales contenant des cristaux.

Ces travaux ont été réalisés par des chercheurs de l’Université Pierre et Marie Curie, du Laboratoire de Physique des Solides, de l’Inserm, de l’Imperial College de Londres et du synchrotron SOLEIL. Cet assemblage de méthode renseigne à la fois sur la morphologie des cristaux et sur la nature et la distribution spatiale au niveau subcellulaire de différentes phases chimiques présentes dans les biopsies de rein. Le faisceau de la ligne de lumière SMIS du synchrotron SOLEIL a permis de réaliser des expériences en micro-FTIR de manière non destructives pour des cristaux trop petits pour être observés de manière classique.

 Evolution de la fonction rénale donnée par le sérum de créatinine

Figure :
(a) Evolution de la fonction rénale donnée par le sérum de créatinine. Le diagnostic médical sur les cristaux de la biopsie rénale ne peut pas être effectué rapidement à l'hôpital. Les mesures en FTIR réalisées sur la ligne SMIS du synchrotron SOLEIL permettent d'identifier sans ambiguité les cristaux, ce qui permet au clinicien de prescrire le bon traitement, faisant ainsi chuter le taux de créatinine, évitant ainsi la dialyse et la greffe de rein pour le patient
(b) Dépôts anormaux observés dans les cellules tubulaires et l'interstitium.

 

Toutes ces techniques sont d’ores et déjà au cœur d’un kit de diagnostic anticipé et pourraient permettre aux cliniciens de collecter une grande quantité d’information et de clairement identifier les dépôts de cristaux impliqués dans les dysfonctionnements rénaux. Par ailleurs, les derniers développements réalisés en micro-spectroscopie UV et visible laissent penser qu’il sera bientôt possible d’obtenir des résultats inédits concernant la distribution spatiale des composés organiques présents dans le rein à une résolution spatiale pouvant atteindre 150 nm.   Les pathologies microcristallines ne se limitant pas au rein, ce processus de diagnostic pourrait par ailleurs bénéficier à un grand nombre de médecins.