Voilà nous sommes ici dans le tunnel de l’anneau de stockage. L’anneau de stockage est un accélérateur circulaire qui fait une circonférence de 354 mètres. Il est composé d’un certain nombre d’éléments magnétiques dont les dipôles qui ont un champ uniforme et dont le rôle est de dévier le faisceau, ainsi le faisceau peut faire un cercle.
Dans l’anneau de stockage on peut trouver aussi un grand nombre de quadrupôles, certains quadrupôles sont dits des quadrupôles focalisants et d’autres défocalisants et le rôle de ces quadrupôles c’est de maintenir les électrons ensemble autour d’une trajectoire théorique.
On peut aussi trouver ces éléments jaunes qu’on appelle les sextupôles dont le rôle est de corriger les aberrations chromatiques et géométriques du faisceau et maintenir ainsi ce qu’on appelle une durée de vie suffisante du faisceau.
Il est très important d’avoir un très bon vide dans la chambre à vide parce que le faisceau dans cette chambre à vide va interagir avec des molécules de gaz qui sont de toute façon présentes dans la chambre à vide et il faut minimiser ce nombre d’interactions. C’est pour ça que vous pouvez apercevoir ici un certain nombre de pompes à vide qui servent à pomper les molécules de gaz et obtenir ainsi un très bon vide.
Je voudrais aussi signaler une autre caractéristique de SOLEIL - mais aussi d’autres sources de 3ème génération maintenant - c’est l’introduction de chambres à vide dont la hauteur est vraiment très petite. La hauteur intérieure n’est que de 10 mm ! Dans ces 10 mm le faisceau doit trouver de la place pour « respirer ».
Un autre élément important dans un anneau de stockage est la cavité accélératrice, son rôle est de restituer l’énergie perdue par les électrons lors du rayonnement. En effet les électrons lorsqu’ils tournent, ils vont rayonner et en rayonnant ils vont perdre de l’énergie. Si on ne vient pas restituer cette énergie, tour après tour ces électrons vont aller se perdre dans la chambre à vide.
Donc à chaque tour on vient compenser exactement la quantité d’énergie perdue par les électrons grâce à une cavité accélératrice qui a un champ accélérateur sinusoïdal.
A SOLEIL nous avons déjà ce que l’on appelle un cryomodule c’est à dire deux cavités accélératrices liées par un gros tube, avec la possibilité de faire échapper ces modes supérieurs. Tout ça est dans un cryomodule, à une température de l’ordre de -270C°
Mais ce seul cryomodule ne permettra pas à SOLEIL d’aller à ses performances ultimes : une énergie de 2,75 milliards d’électron volt et un courant moyen de l’ordre de 500 milli ampères.
Nous avons besoin d’un deuxième cryomodule, grâce auquel nous pourrons atteindre les performances ultimes de SOLEIL.